6 février 2018

Présentation du livre FICTIONS MEXICAINES par Christine Frérot


L’association francomexicaine Uniframex a le plaisir de vous inviter à la présentation et la signature du livre FICTIONS MEXICAINES, par son auteur, Christine Frérot, le samedi 24 mars à 19 :30 à la salle Lacordaire, en partenariat avec la librairie Géosphère. Cet évènement a lieu dans le cadre de la semaine mexicaine organisé par des étudiants de la Montpellier Business School (MBS).
Il sera suivi d'un moment convivial autour du verre de l’amitié.



Le livre
 « L'École mexicaine » naît avec la Révolution de 1910 et le vent de nationalisme qui l'accompagne. Les murs du pays se couvrent de fresques grâce aux commandes publiques, mais aussi par l'adhésion des plus grands artistes. Il faudra attendre les années 80 pour que les générations nouvelles, diversement héritières de Frida Kahlo et Maria Izquierdo, revisitent leur culture. Associant l'analyse de l'oeuvre à l'histoire de l'art et à celle de l'artiste, l'auteure fait revivre 38 témoins emblématiques de l'art mexicain du XXe siècle dont elle est l'une des meilleures spécialistes en France. De Diego Rivera à Julio Galán en passant par José Guadalupe Posada et le Dr Atl, un Mexique à la fois Révolutionnaire, Guadalupéen, Immortel et Volcanique... surgit dans la pluralité des regards en confirmant, après Octavio Paz, que « les arts expriment (entre autres choses peut-être plus profondes), le tempérament de chaque nation.
Préface de Jaime Moreno Villarreal
Jaime Moreno Villarreal est un écrivain mexicain. Ses essais sur l’art sont publiés dans de nombreux livres et catalogues d’exposition, autant au Mexique qu’en France, aux États- Unis et dans plusieurs pays d’Europe. Il a été conseiller culturel de l’Ambassade du Mexique en France de 2007 à 2009.

L’auteur
 Christine Frérot est docteur en histoire de l’art et spécialiste de l’art mexicain moderne et contemporain. Elle a étudié à Paris et à Mexico (Université de Paris I et Unam) et travaillé plus de dix ans au Mexique (Institut Français d’Amérique latine, direction culturelle). Chercheur à l’École des hautes études en sciences sociales (Ehess) et chargée de cours à l’Université de Paris III, elle est membre de l’Association internationale des critiques d’art (Aica, Art Nexus) et commissaire d’exposition. Son cinquième ouvrage, Resistencia visual, Oaxaca 2006 (préface d’Edouard Glissant) a été publié en 2009 par Talmart, Paris.

Extraits de presse
De même surprennent Les Quatre Habitants du Mexique (1938), de Frida Kahlo, quatre figures sur la place d’un village qui symbolisent chacune un aspect du pays.
Le Monde diplomatique

Ce livre n’est pas seulement un livre d’art (...), c’est effectivement une invitation au voyage, une manière détournée et originale de connaître un pays à travers sa peinture.
Le Midi Libre

Tout à la fois carnet de coups de cœurs et outil pédagogique, l’ensemble est articulé de manière thématique (...). Au final, le portrait d’un peuple transparaît, énergique, magique et poétique.
Artension


www.riveneuve.com
Distribution/ diffusion Interforum

  • samedi 24 mars - 19.30
  • Salle Lacordaire - 6 rue des Augustins
    (à deux pas de l'Esplanade Charles de Gaulle et du couvent des Dominicains)
  • Entrée libre dans la mesure des places disponibles.
  • Merci de bien vouloir nous confirmer votre présence à :
    association.uniframex@laposte.net
    librairiegeosphere@gmail.com




2 février 2018

Les flibustiers de la Sonore

Michel Le Bris
Flammarion, 1998





« Je retiens mon souffle – Comment lui dire ces années de ténèbres et de feu, l'or jeté à poignées sur les tables de monte, les filles enlevées sur les côtes de Chine, du Pérou, du Chili, et vendues aux enchères sur le wharf de Clark's Point, San Francisco brûlant comme une torche sous les acclamations des fêtards ivres morts, et reconstruite le lendemain sur les cendres brûlantes, et tous ces malheureux qui mouraient par milliers, dans la Sierra lointaine, de faim, de froid, de maladie, fouillant toujours plus loin, à la recherche du mother lode, avec dans les yeux des rêves de terre promise : tant de misères, et tant de démesure ! Oui, comment lui dire le vent du désert, la course des chevaux, le « you you » des Indiens, et cette fièvre, aussi, cette fureur qui nous précipita, la tête embrasée de chimères, dans le Sonora inconnu ? Des montagnes d'or en plein royaume apache, divaguaient les soldats, un monde à conquérir, où tout recommencer ! Et nous, pauvres fous, si sûrs que l'univers entier tenait dans le creux de nos mains… ».

29 octobre 1850 : la Californie de la ruée vers l'or fête son entrée dans l'Union. Un volcan en éruption, où se mêlent hors-la-loi, mystiques rêvant de Nouvelle Jérusalem, et révolutionnaires en déroute, venus de toute l'Europe. Parmi eux, des milliers de quarante-huitards, fuyant la répression ou tout simplement déportés. Les Américains s'inquiètent : s'agit-il d'une invasion ? Les Français tenteront de prendre la Sierra Nevada et d'y faire vivre leur utopie, avant de partir à la conquête de la Sonore mexicaine, sous la direction d'un comte romantique et dandy. Une formidable épopée, restée jusqu'ici inédite, et, avec elle, le retour au vrai roman d'aventures !

Source : Flammarion

 " La France entière divaguait, rêvait, se voyait transportée en Californie vers des montagnes d'or ! Depuis l'annonce de la ruée, c'était déjà la folie, mais ce lingot énorme, défiant l'imagination, ça dépassait tout ! C'était clair : la France se débarrassait de ses indésirables. Une déportation. "
1850. Au moment où elle passe aux mains des Américains, la Californie, qui vit encore les soubresauts de la ruée vers l'or de 1848, est le siège d'un effroyable désordre, où affluent des quatre coins du globe toutes sortes d'aventuriers venus chercher la Terre promise. Parmi eux, un comte français, du nom de Gaston Raousset-Bouldon, organise une expédition destinée à investir la sierra Nevada, avant de partir à la conquête de la Sonore, immense territoire mexicain en bordure du golfe de Californie.

Une épopée, aussi extraordinaire que tragique, digne des plus grandes productions cinématographiques.

Source : J'ai lu

Sur le même sujet en bd, publié chez Delcourt la série Sonora

Sonora - Tome 1, La vengeance
Sonora - Tome 2, Lola Montez

26 janvier 2018

L'or maudit

Le Bouncer tome 10
dessin et scénario : François Boucq
éditions Glénat, 01/2018


Le Bouncer pensait couler des jours paisibles après s’être débarrassé de l’infâme Ugly John dans son pénitencier de Deep End. Mais il devrait savoir que la loi de l’Ouest est toujours impitoyable... À Barro City, l’horloger a été agressé et sa fille, Gretel, atrocement mutilée. Comment un type sans histoires et une petite si innocente ont-ils pu subir de telles atrocités ? En pourchassant les assassins, le manchot découvre que leur piste rejoint celle d’un trésor maudit au cœur du désert de Sonora au Mexique. Un lieu aride sur lequel courent de sombres légendes, si terrible que même les Indiens n’osent s’y aventurer. Bouncer pensait avoir déjà connu l’enfer. Mais il découvre que ce dernier a de multiples visages.

Retrouvez le héros culte de Boucq et Jodorowsky dans une chevauchée fantastique à la rencontre des contrées les plus hostiles et des pires salopards de l’Ouest. Un western sauvage et sans limites, où les décors grandioses sont des personnages à part entière. De plus, les deux volumes de ce nouveau diptyque tant attendu paraîtront à seulement deux mois d’intervalle !

La fiche de l'album chez Glénat


Un trésor censé se trouver au Mexique, pas toujours au même endroit d'ailleurs a déjà été évoqué dans de nombreux ouvrages. Citons Le trésor fantôme de Paco Ignacio Taibo II, L'or de Maximilien, série XIII de Jean Van Hamme et William Vance, le cycle de Blueberry sur l'or des confédérés qui commence avec Chihuahua Pearl. Selon les récits, le trésor est soit celui de Bénito Juarez, soit celui de l'éphémère empereur Maximilien soit celui des sudistes mais détourné par les mexicains, et ses cachettes sont nombreuses, dans les immensités désertiques du nord du Mexique.

Dans L'or maudit, l'auteur envoie ses héros dans le Sonora mexicain, nom éponyme d'un État de la république du Mexique et d'un des plus grands déserts américain à la recherche du million de pesos sous forme de pièces en or qui auraient du être la monnaie de l'empire. Maximilien de Habsbourg, défait par le républicain Benito Juarez,  va tenter de soustraire ce trésor des mains des mexicains. Il était prévu qu'en cas de défaite, le coffre devait rentrer en Europe en partant du port de Veracruz. Après son éxécution au Cerro de las Campanas à Queretaro, plusieurs dans l'entourage de Maximilien vont céder à l'appat du gain et tenter de récupérer le trésor pour leur compte.

Malgré quelques petites faiblesses scénaristiques, Alejandro Jodorowski qui accompagnait Boucq dans les 9 premiers tomes n'est plus la, et des dialogues qui ne sonnent pas toujours bien, la qualité du dessin, la richesse des personnages et la trame de l'histoire rendent la lecture captivante. On retrouve des personnages secondaires, Yin Li, Panchita et le fidèle Job au premier plan, dans ce western mâtiné d'un brin de fantastique sur un fond historique. Quelques scènes ne sont pas sans rappeler les aventures de Blueberry aux prises avec Le spectre aux balles d'or dans le fond d'une mesa aux dédales infranchissables entourée d'indiens apaches. Avec une pagination conséquente pour une BD, 82 pages alternant cases détaillées et planches de grands espaces, le talent de François Boucq nous offre un bel album d'aventure.

PhH

Le trésor fantôme - Paco Ignacio Taibo II
Rivages/noir

Chihuahua Pearl, 1er album du cycle dans lequel Blueberry
est à la recherche du trésor des confédérés détourné par les mexicains de Benito Juarez
Blueberry sur la piste du spectre détenant un trésor
au fond de la Dead Horse Mesa
XIII dans le désert infernal qui protège l'or de Maximilien


19 décembre 2017

Milena ou le plus beau fémur du monde

Jorge Zepeda Patterson
traduit de l'espagnol (Mexique) par Claude Bleton
éditions Actes Sud, 01/2018



Tel un Félix Faure des Tropiques, un patron de presse mexi­cain succombe dans les bras d’une ravissante Croate, connue sous le nom de Milena. À seize ans, elle a quitté son village pour suivre un passeur lui faisant miroiter les fastes de Ber­lin. Le voyage s’arrêta à quelques encablures de Zagreb, dans une bâtisse délabrée qui ouvrait grandes ses portes sur l’en­fer de la prostitution.

Privée de son protecteur, voilà Milena livrée de nouveau aux exactions de la mafia ukrainienne qui pendant des années l’a contrainte à vendre son corps dans tous les palaces et les cloaques de Marbella. Son seul sauf-conduit : un précieux carnet où sont consignés des numéros de comptes bancaires prouvant l’implication de sociétés russes dans des opérations illicites. Pour lutter contre l’avilissement et le dégoût de soi, elle y avait aussi noté les confidences de diverses figures de la vie publique (l’évêque, le magistrat, l’avocat…) passées par son lit, justifiant toutes, avec un naturel confondant, de leur recours au commerce des femmes.
Nombreux sont donc ceux qui veulent aujourd’hui la faire taire.

Jorge Zepeda Patterson revient avec un palpitant thriller politique et social (prix Planeta 2014) qui dénonce le clien­télisme, l’autocratie et la violence qui gangrènent la société mexicaine, fustigeant ici le trafic des corps et les pratiques innommables des hommes qui n’aiment pas les femmes.

Source : éditions Acte Sud


Milena o el fémur más bello del mundo
La novela Milena o el Fémur más bello del mundo convirtió a Jorge Zepeda Patterson en el primer mexicano en obtener el Premio Planeta, desde que se inició el galardón 63 años antes. Un thriller político y policiaco que provoca en el lector una lectura obsesiva y apasionada, al decir de sus lectores. Milena es una joven croata de extraordinaria belleza que luego de ser secuestrada por las redes de tratantes de personas es conducida a Marbella, en el sur de España, para ser convertida en una esclava sexual de los círculos turísticos de la élite mundial. La joven recurrirá a diversas estrategias para intentar la fuga y, sobre todo, para sobrevivir a la convivencia forzada con hombres de poder de los círculos políticos y empresariales.Buscando escapar de las redes de tratantes, Milena llegará a México, conocerá al grupo de amigos Los Azules y al periódico El Mundo, y juntos enfrentarán los demonios salvajes que intentan recuperar los secretos que la joven robó de las mafias que la explotan.
Leer el articulo completo en el sitio de JZP

L'auteur
Biographie (en espagnol)
Économiste, sociologue et chroniqueur politique, Jorge Zepeda Patterson est né au Mexique (Mazatlan - Sinaloa) en 1952. Il étudie à l'université de Guadalájara et de la Sorbonne, il fait ses armes de journaliste au sein de El País, en Espagne, avant de rentrer au Mexique où il a fondé et/ou dirigé de nombreux organes de presse, dont Siglo 21, Público et El Universal, auquel il collabore encore. Sa chronique hebdomadaire est publiée dans vingt et un journaux du pays. Il est l'auteur de six essais sur la vie politique mexicaine.

13 décembre 2017

Fictions mexicaines

38 témoins de l’art du XXe siècle
Christine Frérot
préface de Jaime Moreno Villarreal
Riveneuve éditions, 12/2017


L’École mexicaine naît avec la Révolution de 1910 et le vent de patriotisme qui l’accompagne. Les murs du pays se couvrent de fresques grâce aux commandes publiques, mais aussi par l’adhésion des plus grands artistes à un consensus qui donne la primauté à une peinture figurative, narrative, d’inspiration vernaculaire et engagée. Il faudra attendre les années 80 pour que les générations nouvelles, diversement héritières de Frida Kahlo et María Izquierdo, revisitent leur culture. Elles proposeront des visions personnelles à la fois parodiques et provocatrices, teintées des apports du surréalisme, du fantastique mexicain et du pop art.

Associant l’analyse de l’œuvre à l’histoire de l’art et à celle de l’artiste, l’auteur fait revivre 38 témoins emblématiques de l’art mexicain du XXe siècle dont elle est l’une des meilleures spécialistes en France. De Diego Rivera à Julio Galán en passant par José Guadalupe Posada et le Dr Atl, un Mexique à la fois révolutionnaire, guadalupéen, immortel et volcanique… surgit dans la pluralité des regards en confirmant, après Octavio Paz, que « les arts expriment (entre autres choses peut-être plus profondes), le tempérament de chaque nation ».

Christine Frérot est docteur en histoire de l’art et spécialiste de l’art mexicain moderne et contemporain. Elle a étudié et travaillé plus de dix ans au Mexique. Chercheur à l’École des hautes études en sciences sociales (Ehess) et chargée de cours à l’Université de Paris III, elle est membre de l’Association internationale des critiques d’art (Aica), correspondante de la revue colombienne Art Nexus et commissaire d’exposition. Elle a publié à Mexico son premier livre, El mercado del arte en México, 1950-1976 (1990), et à Paris son cinquième ouvrage, Resistencia visual, Oaxaca 2006 (préface d’Edouard Glissant, Talmart, Paris, 2009). Elle est co-auteur avec Lourdes Almeida du livre Mexico mosaique, paru aux éditions Autrement en 2001.

Source : Riveneuve éditions

5 décembre 2017

Mexique profond

Guillermo Bonfi Batalla
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Pierre Madelin
Préface d’Alèssi Dell’Umbria

éditions Zones Sensibles, septembre 2017



Mexique profond. Une civilisation niée est de ces livres qui marquent leur temps. Publié en 1987 et régulièrement réédité en espagnol, quand il ne circule pas sous forme de photocopies tel un samizdat, cet ouvrage repose sur une thèse simple : il existe deux pays au Mexique, le pays imaginaire et le pays profond. Le premier, fruit de la domination coloniale, régit tous les aspects de la vie publique et a refoulé le second, celui des peuples indigènes, dans les limbes de l’histoire. Le Mexique imaginaire, irréel, ne cesse de se projeter dans un futur fantasmatique tandis que le Mexique profond porte la mémoire de cinq siècles de révoltes et de répressions. L’horizon historique de ce livre est celui d’un conflit séculaire entre deux pans de la réalité.
Les analyses avancées avec audace à la fin des années 1980 par Guillermo Bonfil Batalla devinrent vingt ans plus tard l’apanage de toute une génération de jeunes, indigènes ou métis, que les reflets du Mexique imaginaire ne faisaient plus rêver. La thèse centrale de ce livre allait nourrir ceux et celles qui, loin d’avoir renoncé aux luttes, entreprenaient de reconfigurer ces dernières depuis les terres des communautés indigènes, luttes qui sont autant d’éclaircies dans un Mexique profond désormais vécu comme une utopie concrète en devenir.

Guillermo Bonfil Batalla (1935-1991) était anthropologue, fondateur du Museo Nacional de Culturas Populares et cofondateur du Centro de Investigación y Estudios Superiores en Antropología Social.

Source : éditions Zones Sensibles

6 novembre 2017

El Nakom


Dessin : Jeronaton
Scénario : Jeronaton
Éditions du Long-Bec, 08/2017



En 1511, le castillan Gonzalo Guerrero fait partie d’un groupe rescapé d’un naufrage en mer des Caraïbes. Entassés sur une barque sur une mer d’huile, ils désespèrent lorsque soudain l’un d’eux aperçoit une côte. Sauvés, ils étanchent leur soif avant d’enterrer leurs morts. Derrière les palmiers, Guerrero aperçoit le haut d’un bâtiment en pierres. Il part seul en reconnaissance et découvre la ruine d’une ancienne gigantesque cité ornée de magnifiques sculptures, mais désormais recouverte de jungle. Dans les parages il y a un groupe de jeunes femmes indigènes prenant un bain dans la rivière. Quand elles aperçoivent l’espagnol, elles s’enfuient. Au même moment, les hommes se présentent sur la plage et voient les naufragés. Ils portent leurs armes, exhibent des tatouages impressionnants et des tenues exubérantes. Comme celui qui semble être le chef a les dents limées, les espagnols les croient anthropophages. L’un d’entre eux tire son épée pour se défendre mais est aussitôt tué d’une volée de flèches. Ils sont emprisonnés et conduit au temple. Guerrero n’échappe pas à ce sort. Quatre d’entre eux sont rapidement sacrifiés pour les dieux, leurs corps ensanglantés roulant au pied des raides escaliers du temple. Épargné, Guerrero ne compte pas faire partie des prochains sacrifiés et se rebelle avant de parvenir à s’enfuir. Alors que tous ses compagnons seront massacrés par les Mayas, lui est adopté par une tribu. Il apprend la langue, se rend indispensable et se voit confier des responsabilités. Grâce à son ingéniosité et à sa connaissance des armes européennes, il remporte une importante bataille contre des guerriers Itzá. Après cela, le seigneur de Chectemal lui accorde le statut de « nakom », chef de guerre. Totalement intégré, il va épouse une Maya et fonder une famille. Il va surtout mettre son nouveau peuple en garde contre l’arrivée prochaine des castillans, les troupes espagnoles.

Images : © DU LONG BEC / Jeronaton
Basé sur des faits historiques, El Nakom raconte l’histoire de Gonzalo Guerrero, marin espagnol qui, après un naufrage entre Panama et Saint-Domingue, échoue sur les côtes du Yucatán en 1511, 8 ans avant l'arrivée de Cortez au Mexique. Guerrero se fond entièrement le mode de vie des Mayas. Lorsque les Conquistadores finissent par envahir le territoire maya (aujourd'hui le Yucatán, le Chiapas, le Guatemala, Belize et une partie du Honduras), il refuse de les rejoindre. Il meurt les armes à la main, en 1536, au Honduras. Fresque d'un réalisme saisissant, El Nakom est une formidable aventure dans des décors somptueusement et scrupuleusement reconstitués. Très inspiré par les aventures de Tintin puisque élève d'Hergé, Jéronaton propose avec cette série un hymne poignant au courage individuel, à la liberté et à la tolérance. El Nakom est aussi une plongée au cœur des derniers moments d'une civilisation aussi brillante que mystérieuse. Manifestement, l’auteur s’inspire aussi du film Apocalypto, de Mel Gibson, et de la catastrophe humaine qui débute pour les peuples du continent avec l’arrivée des Blancs. On reconnait d’ailleurs les traits de quelques acteurs sous le pinceau de Jeronaton, ainsi que quelques scènes et décors.
L'ouvrage contient un cahier sur la civilisation maya.

Sources : 
- La fiche de l'ouvrage par l'éditeur

Images : © DU LONG BEC / Jeronaton

13 septembre 2017

Les terres dévastées

Emiliano Monge
Las tierras arrasadas
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Juliette Barbara
éditions Philippe Rey, 08/2017




Au fond de la jungle mexicaine, des projecteurs s’allument en pleine nuit : un groupe de migrants, trahis par leurs passeurs, est pris d’assaut par des trafiquants. Certains sont exécutés ; les autres sont stockés dans des camions pour être livrés alentour.
Sous la direction des deux chefs de bande, Estela et Epitafio, les convois prennent la route des montagnes. Ces amants contrariés jouissent des souffrances qu’ils infligent. Obsédés l’un par l’autre, ils tentent vainement de communiquer pour se dire leurs espoirs d’une nouvelle vie.
Tenu en haleine, le lecteur navigue entre les différents protagonistes : Estela et sa cargaison dans une direction, Epitafio dans une autre, son homme de main occupé à ourdir quelque vengeance, les jeunes passeurs qui répètent inlassablement leur triste tour… tandis que le chœur des migrants devient peu à peu « sans voix, sans âme et sans nom ».
Dans ce récit construit avec une impeccable maîtrise, où les hommes et les femmes sont réduits à l’état de marchandises, Emiliano Monge met à nu l’horreur et la solitude, mais aussi l’amour, la loyauté et l’espérance qui animent les êtres.
Tragédie moderne à la prose rythmée, Les terres dévastées happent le lecteur dans un tourbillon aussi bouleversant que dérangeant.

L'auteur
Emiliano Monge est né à Mexico, le 6 janvier 1978.  Il a étudié les Sciences Politiques à l’Université Nationale Autonome de Mexico, où il a donné des cours. Il a publié des récits, chroniques et notices littéraires dans Letras Libres, La Jornada et dans le supplément littéraire « Hoja por Hoja » du journal Reforma. Actuellement il se consacre pleinement à l’écriture. Ancien éditeur et journaliste, il est l’auteur de trois romans remarqués et fait partie des «Bogota39», les 39 meilleurs auteurs d’Amérique du Sud de moins de 40 ans désignés par le Hay Festival. Traduit dans plusieurs pays, Les terres dévastées ont été récompensées en 2016 par l’un des plus importants prix littéraires sud-américains, le prix Elena Poniatowska.


Source : éditions Philippe Rey


Una road novel de altísimo voltaje estilístico y ritmo trepidante que recrea el drama colectivo de la migración, donde la ficción y la realidad -testimonios de inmigrantes dan forma a los coros de la novela- entretejen un mosaico conmovedor, perturbador y memorable.

En lo profundo de la selva y de la noche se encienden varios reflectores y un grupo de inmigrantes es sorprendido y atacado por otro grupo de hombres y mujeres, presas de la patria en la que viven y de sus propias historias. Así arranca estaroad novelque atraviesa una narración donde los seres humanos son reducidos a mercancía, donde la violencia es el marco en el que suceden todas las historias y donde el espacio está corrompido por la miseria y la moral de los seres que lo habitan, pero también donde surge una historia enigmática de amor inesperado: la de Estela y Epitafio, jefes de la banda de secuestradores.
A través de los protagonistas y de la masa de inmigrantes, cuya individualidad se desmorona poco a poco, Emiliano Monge retrata este holocausto del siglo XXI, desnuda el horror y la soledad, pero también la lealtad y la esperanza que combaten en el corazón del ser humano.

26 juillet 2017

La femme de tes rêves

Antonio Sarabia
No tienes perdon de Díos
traduit par René Solis
éditions Métailié, 04/2017



Journaliste sportif au Sol de Hoy, Hilario Godínez a des relations ambiguës avec le monde de sa petite ville de la province mexicaine. Une inconnue lui écrit des lettres d’amour depuis dix ans, il n’a aucune idée de son identité. Lui qui rêvait d’être écrivain et dont la carrière littéraire semble définitivement compromise conquiert des admirations encombrantes chez les tueurs du cartel local grâce à ses chroniques de foot.
Le jour où on retrouve dans un dépotoir le corps du brillant footballeur Torito Medina – enfin, une partie du corps –, tout dérape. Il se retrouve en première ligne et se lance dans la résolution de l’énigme. Au passage il drague la jolie chroniqueuse mondaine de bonne famille qui lui révèle tout un univers de plasticiens et de galeristes.
Son admirateur musclé le met en garde mais il s’obstine dans sa recherche du salaud qui s’amuse à semer les cadavres incomplets dans la ville effrayée.
Dans ce petit polar cruel, Antonio Sarabia offre un portrait saisissant du Mexique d’aujourd’hui, où l’étonnement n’est plus de mise, mais qui laisse quand même une place à l’amour et à l’espoir.
L'auteur
Antonio Sarabia est né à Mexico en 1944. Spécialiste de la communication, il a commencé sa carrière d’écrivain à 50 ans par un roman historique sur le théâtre au Siècle d’or. Il a vécu à Guadalajara, Paris et Lisbonne, où il s’est éteint au début du mois de juin 2017. Il repose auprès de son ami Antonio Tabucchi dans le carré des écrivains.

12 juillet 2017

" No estoy sola " Initiative de femmes de Ciudad Juarez


L'Institut municipal des femmes de la capitale des disparues a lancé en juillet l'application «No Estoy Sola», je ne suis pas seule. En cas de danger, il suffit de secouer le portable qui envoie alors une alerte à cinq contacts de confiance, court-circuitant ainsi la police. Le maire de la ville, Armando Cabada Alvídrez, a précisé qu'aucune connexion Internet n'était nécessaire puisque le message prédéfini arrive par texto.

Pour Marc Fernandez, coauteur du web documentaire La Cité des Mortes, l'idée est louable mais disproportionnée face à l'ampleur du massacre. «Cela ne règle pas le problème de fond, à savoir que la police est corrompue. C'est tout de même fou que les gens préfèrent prévenir leurs amis plutôt que la police.

Lire l'article en intégralité sur Le Figaro.

 Ciudad Juarez est une ville frontalière. D'un côté, elle accueille  des entreprises étasuniennes et des multinationales qui installent leurs fameuses maquiladoras dans sa Zone Franche Industrielle. Les maquiladoras sont des usines de montage qui assemblent en exemption de droits de douane des biens importés destinés à être intégralement réexportés. Leurs propriétaires bénéficient d'une main-d'œuvre bon marché et ne paient des droits de douane que sur la valeur ajoutée du produit, c'est-à-dire la valeur du produit fini moins le coût total des composants importés pour sa fabrication.Les maquiladoras firent leur apparition au Mexique dans les années 1960, ce qui explique leur nom espagnol, dérivé du terme maquila (portion de farine ou d'huile donnée au meunier en paiement de la mouture). Ces usines attirent les populations pauvres de tout le pays à Ciudad Juarez, et embauchent principalement des femmes, ce qui crée une situation dans laquelle c'est la femme fait vivre le foyer, ce qui pourrait potentiellement expliquer une augmentation du taux de violence conjugale. Ciudad Juarez est également un lieu de passage du Mexique vers les États-Unis. Elle attire donc les candidats à l'immigration clandestine, ainsi que leurs passeurs. Elle est également un lieu essentiel du trafic de drogue. Les cartels de la drogue y règnent en maîtres. Et là encore, les femmes sont les premières victimes collatérales de ce trafic, utilisées comme primes pour les passeurs ou les clients potentiels. L'aveuglement des autorités, la corruption, le rôle plus que trouble de la police et de l'appareil judiciaire font que toute enquête semble par avance vouée à l'échec. Disparition de preuves, conclusions bâclées, aveux extorqués, les enquêtes piétinent et les disparitions continuent.